On peut manger par nécessité. On peut manger par plaisir. Et parfois, tout le concept qui tourne autour de la nourriture et des repas dépasse le cadre de la jouissance gustative ou des besoins primaires. Parfois, ça rime avec survivance. Parfois, pour certains, ça devient un levier et un moteur pour continuer sur le droit chemin. Et ça, Jamie Oliver l’a bien compris. Le célèbre chef, auteur de nombreux livres de recettes et animateur d’une émission culinaire, est également le père des restaurants Fifteen.
Son premier restaurant Fifteen, Jamie l’a ouvert en 2002, à Londres. Le but : mettre sur pied un programme de 18 mois pendant lequel des jeunes (toxicomanes, alcooliques, SDF, décrocheurs, etc.) pourraient suivre une formation de chef professionnel, tout en apprenant sur le tas, comme on dit. L’idée était bonne. Cette manière d’acquérir des compétences en milieu de travail, tout en augmentant progressivement le niveau de confiance et de responsabilité de chacun, ça fonctionne.
Pendant que les clients, attablés à Londres, à Amsterdam, à Cornwall ou à Melbourne, dégustent des plats dignes des plus grands restaurants (la prétention en moins peut-être), des jeunes de 16 à 24 ans s’activent dans les cuisines pour acquérir une expérience de travail et se bâtir un nouvel avenir.
epuis 2002, sur les 106 jeunes qui ont débuté le programme, 53 % ont terminé la formation. Dans ce groupe, selon un sondage effectué en 2007, on comptait une maman à temps complet et six personnes qui avaient changé de branche, mais étaient toujours sur le marché du travail. Au bout du compte, c’est 75 % des jeunes qui sont passés par les cuisines de Fifteen qui travaillent toujours en restauration.
On peut dire, sans prétention, que chaque bouchée et tous les sous déboursés servent dans ce cas précis à nourrir l’espoir et l’avenir d’un jeune en déroute.
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