Art et Culture

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Paris sous l’eau

En janvier 1910, il y a de cela 100 ans, pratiquement jour pour jour, Paris vivait la plus grande inondation de son histoire. Triste record encore inégalé à ce jour.

Cette année-là, la grisaille parisienne était accompagnée d’importantes précipitations de pluie et de neige. La température oscillait dramatiquement entre le point de congélation et la zone de confort normalement réservée au printemps. Résultat: les lacs et les rivières gelaient et dégelaient subséquemment. Tant et si bien qu’en une dizaine de jours seulement, la Seine s’est gonflée de manière drastique. Le 28 janvier, le fleuve atteignait 8,62 mètres. Il est sorti de son lit, et le grand Paris tout entier fut inondé. En fait, c’est 4 milliards de mètres 3 d’eau qui se sont déversés sur la ville, et 20 000 immeubles furent submergés. Il fallut 35 jours de décrue pour que la ville lumière s’assèche. Miraculeusement, aucune perte de vie humaine ne fut signalée. Cependant, on parle de dommages s’élevant à près de 7 milliards et demi de francs: une somme tout de même astronomique. Et c’est sans parler des coûts sociaux liés à ce grand désastre.

Avec le temps, les traces de l’inondation se sont complètement effacées. Il ne reste que  l’impression d’un vague souvenir, et quelques photos. Des photos étonnantes qui font d’ailleurs partie d’une superbe exopsition qui se tient à la Galerie des bibliothèques de Paris, du 8 janvier au 28 mars 2010.

Des images du grand hall de la gare d’Orsay inondé, de gens qui se déplacent en canot dans les rues sombres et pratiquement désertes, d’hommes d’affaires tentant de traverser la ville, juchés sur le dos d’ouvriers pour ne pas abîmer leurs habits, et bien d’autres encore sont là, à la disposition du public curieux. L’ambiance qui régnait sans doute à l’époque est fidèlement reproduite dans le choix judicieux des photos que regroupe l’exposition. C469734AF047D8FCD64250C4A9ECAE

Les Racines d’Iboga

Les Banbongo et les Mistsogo, deux des tribus indigènes du Gabon, pratiquent le Bwiti comme religion: un mélange de christianisme, d’animisme et de cultes voués aux ancêtres. Oui, le Bwiti est un vrai mesclun en termes de croyances, mais là où sa singularité explose, c’est au niveau des rites de passage.

Lors de ces cérémonies initiatiques tenues par le guide spirituel, les racines d’iboga sont à l’honneur. En fait, il s’agit d’une célébration qui sert à marquer le passage entre l’enfance et la vie d’adulte des jeunes Gabonais. À noter que le masculin, ici, est employé volontairement, puisque traditionnellement, selon les principes Bwiti, les femmes sont exclues (ou dispensées) des rites de passage.

Question de créer une ambiance propice à la réflefxion, la cérémonie débute au coucher du soleil. Les torches brûlent, les tambours tambourinent et, parés de leurs plus beaux habits de fête, les danseurs dansent. C’est une belle entrée en matière. Ensuite, le pubère est envoyé (seul) en forêt, n’ayant pour seul abri qu’une hutte de fortune, construite pour l’occasion.

Les jeunes Gabonais, donc, ingurgitent de l’iboga à la tombée de la nuit. Deux choix s’offrent à eux: la bouffer en copeaux ou se la siffler en thé. Une fois la chose faite, ils en ont pour des jours d’hallucinations (entre 5 et 7 jours!) et d’état plus ou moins léthargique. État  pendant lequel l’initié doit faire un cheminement personnel approfondi afin de trouver la voie qui le mènera vers l’âge de la maturité.

Consommé en trop grande quantité, l’iboga peut provoquer de l’anxiété et de l’appréhension, deux états à proscrire, surtout lorsqu’on est seul au milieu de la jungle. Mais ceux qui survivent à l’expérience et qui reviennent au village peuvent réclamer le prestigieux titre d’homme!

Dire qu’ici, en Amérique, certains enfants (de 30 ans) trouvent outrageant de se faire indiquer la porte du domicile familial et de devoir devenir un peu adulte. Peut-être qu’un petit stage au Gabon pourrait les réconcillier avec leur terrible sort… Quand on se compare, on se console.7265DEA8ADB290874128486C8E62F

Le Manhattan du désert!

C’est bien connu: Il ne pousse rien dans un désert. Rien soit, mais c’est relatif. Si on ne peut nommer avec certitude les espèces de fleurs qui réussissent à pousser dans le désert, on peut sans se tromper dire qu’au Yémen, des gratte-ciel ont poussé!

Des siècles avant notre ère, bien avant que pullulent les tours à étages dans nos métropoles, bien avant même leur existence, on construisait au Moyen-Orient ce qui s’avère être aujourd’hui les plus anciens gratte-ciel de la planète.

À Shibam, au Yémen, 7000 habitants évoluent, vivent et dorment dans les quelque 500 tours construites il y a 2000 ans pour défendre gens de la cité contre les attaques des Bédouins. Les tours sont faites de glaise et leur hauteur varie entre 5 et 11 étages. Parmi ces gratte-ciel anachroniques, on trouve l’un des plus grands immeubles locatifs du monde qui, avec ses 30 étages, n’a rien à envier à ses pairs contemporains!

Évidement, la glaise, en coparaison avec l’acier, demande un entretient plus régulier et plus laborieux. Mais c’est le prix à payer pour éviter que l’érosion ne vienne gruger et démolir ces vestiges architecturaux.

Malheureusement, en 2005, à la suite des nombreuses tempêtes tropicales, d’importantes inondations sont venues démolir et affaiblir les fondations de plusieurs gratte-ciel, et la majorité d’entre eux menacent maintenant de s’éffondrer. Comme quoi, malgré toute la bonne volonté du monde, on ne peut éviter l’action des intempéries ni empêcher le temps de faire son temps. Anisi va la vie. Et quand ce n’est pas la nature qui met en péril ces bijoux d’histoire et d’architecture, ce sont les Kamikazes et leurs attentats suicides qui les menacent.

Côté immeuble, le désert du Yémen n’a rien à E2A9108D5B566EA5482D243F1AB8envier à New Yord ou à Chicago, si ce n’est que leur facilité d’accès qui favorise le tourisme. Et qui dit tourisme dit économie qui roule bien.

Le mur d’Hadrien

Tous les rois, et tous les empreurs, qui ont gouverné le monde ont voulu démontrer l’étendue et la portée de leur puissance en élevant statues et monuments colossaux. Des entreprises de longue haleine qui, parfois, s’achevaient (ou pas) après la mort de celui qui les avait ordonnées. C’est exactement le cas du mur d’Hadren en Angleterre.

C’est lors de la visite de l’empreur Hadrien sur les terres anglaises, en 122 apr. J.-.C, que les légionnaires ont entrepris l’Édification de ce qui aura longtemps été la plus grande fortification de l’empire: le mur d’Hadrien.

Faite de tourbe, de bois et de pierre, la construction qui sillonne 120 kilomètres de vallons servait, bien sûr, à défendre une suprématie, mais surtout, à jeter à la face du monde toute l’étendue de son prestige. Et, ici et là le long du mur, on retrouve des portillons qui servaient de postes de traite et de péage. Malheureusement, Hadrien est décédé en 138 apr. J.-C., et avec sa disparition s’est arrêtée la construction de ce mur qui représentait de grandes aspirations.

Des siècles plus tard, une bonne partie de cette forteresse tient toujours debout et est accessible aux touristes. En fait, il s’agit de l’attraction la plus populaire du nord de l’Angleterre!

On peut parcourir le mur à pied, en passant par le Hadrian’s Wall Path, ou en vélo, en empruntant la National Cycle Route 72. Dans les deux cas, le chemin est accessible par la ville de Wallsend, sur la côte est, ou par Bowness-on-Solway, sur la côte ouest.D6F15589EBDA85172C99A30573AC2

Les Himbas

Kaokoland en Namibie.

C’est un petit village de 16 000 habitants bordé de montagnes incroyables, dont le plus haut sommet atteint 2 039 mètres.

C’est un refuge pour les éléphants du désert, les rhinocéros noirs et les girafes.

C’est un territoire tellement vaste qu’on peut calculer une personne pour deux mètres carrés.

C’est le paradis des figuiers sauvages, des baobabs et des couchers de soleil spectaculaires.

Kaokoland en Namibie, c’est aussi la terre d’accueil de 5 000 Himbas, les membres d’une tribu singulière et enracinée dans la tradition.

Les Himbas sont les descendants des premiers Hereros qui ont migré dans la région au XIVe siècle. Semi-nomades, ils vivent toujours selon les us et coutumes de leurs lointains ancêtres, ce qui tranche radicalement avec la modernité qui les entoure.

Ils se badigeonnent de la tête aux pieds d’un empâtement fait de rance et d’ocre qui, en plus de les protéger du soleil, leur donne cette couleur rouge intense qui reflète l’idéal himba de la beauté. C’est d’ailleurs cette manière de s’oindre qui les caractérise et qui attire un grand nombre de touristes.

Côté chevelure, avec leurs coiffures extravagantes, ils ne donnent pas leur place! De véritables oeuvres sculpturales!

L’hygiène occupe une place prépondérante dans la vie des Himbas. Chaque jour, les femmes passent de longues heures à se toiletter et à se faire une beauté; elles vont même jusqu’à se parfumer avec l’arbuste Omuzumba. Parées de bijoux métalliques et de coquillages, les femmes Himbas font la fierté et le bonheur de leurs congénères masculins.

Entrer en contact avec ce peuple anachronique, le visiter, l’épier, l’espace de quelques heures, c’est possible. Même s’il est conseillé de recourir à un guide, ce n’est pas une condition sine qua non. Ce qui l’est par contre, c’est la location d’un quatre-quatre car le terrain est affreusement accidenté.

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La rivière Citarum

Ah! La beauté!

Que ce soit dans les actions d’autrui, entre deux rides creusées sur un visage ou derrière la ligne orangée d’un coucher de soleil, on passe sa vie à la rechercher. Elle n’est pas absolue, elle est relative et, dans nos périples, elle devient une quête.

Et parfois, le beau et le laid se fondent l’un dans l’autre et se perdent. Mais, pour voir la beauté dans toute son horreur, il faut se rendre à West Java, en Indonésie, près de Jakarta.

Là, coule une rivière dépossédée de ses charmes et de son essence même. Là, les bavures de l’Homme ont changé le paysage de manière radicale. On ne pourrait même pas soupçonner la présence de la Citarum, si ce n’était des petites barques qui fendent le tapis de détritus qui jonchent les eaux de la rivière.

Conséquence aberrante de l’industrialisation, il n’aura suffi que de deux décennies pour transformer cette source en dépotoir à ciel ouvert. Jadis, il était possible de pêcher dans la Citarumet d’y naviguer paisiblement en écoutant le chant des oiseaux, mais aujourd’hui, il s’agit d’une tout autre histoire.

Plus de 500 usines de textile sont établies le long du cours d’eau et y déversent quotidiennement leurs produits toxiques. Les égouts de la ville s’ajoutent à ce mélange explosif et, comme si ce n’était pas suffisant, cette soupe mortelle est recouverte des ordures domestiques de la cité.

Autrefois, la pêche aux poissons y était bonne. Aujourd’hui, c’est la pêche aux débris qui y est miraculeuse. Les pêcheurs risquent leur peau pour la récolte de rebuts à échanger ou à recycler contre ce qui représente un mince magot en bout de ligne.

L’abjection des abjections, c’est que l’eau de la Citarum s’écoule vers les rizières pour les irriguer et que les familles l’utilisent pour boire, cuisiner et se laver. Qui plus est, les enfants s’y baignent et les femmes y font leur lessive, au péril de leur santé.

La Citarum est la preuve physique de la cupidité de l’Homme dans tout son paroxysme. Des déchets multicolores à perte de vue s’étalant sur un sillon de 320 kilomètres. Le spectacle est étonnant et magnifiquement désolant. À voir, pour que la beauté apocalyptique de cette rivière serve à tirer une sonnette d’alarme.Citarum.JPG

Le Giant’s Causeway

La légende veut que le Giant’s Causeway (la chaussée des géants) situé à Atrim, en Irlande du Nord, soit l’oeuvre du guerrier Fionn Mac Cumhaill. Le valeureux Irlandais aurait construit de ses blanches mains les 40 000 colonnes de basalte, et son entreprise lui aurait permis de marcher jusqu’à son homologue Écossais pour lui livrer combat.

La réalité est tout aussi impressionnante, mais légèrement moins lyrique. Disons simplement que le basalte est une pierre volcanique et que lesdites colonnes ont été façonnées par l’action des coulées de lave sur le milieu. Ce qui donne, entre autres, le bouleversant Giant’s Causewaydont la formation remonte au paléogène (50 à 60 millions d’années). Les colonnes de lave solidifiée de forme hexagonale atteignent par endroits 28 mètres d’épaisseur et culminent à 12 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le Giant’s Causeway a été déclaré Site du patrimoine mondial par l’UNESCO en 1985, ce qui contribue certainement à en faire l’attraction la plus populaire d’Irlande du Nord.

On peut visiter le site de jour comme de nuit, et c’est gratuit! Il faut cependant compter un petit kilomètre de marche pour arriver au sommet… ou prendre le minibus (payant). Au sommet, outre la vue, un salon de thé et une boutique de souvenirs attendent les touristes.

Des colonnes de basalte, on en retrouve un peu partout : au Mexique, en Écosse, en Californie… Mais celles du Giant’s Causeway restent les plus imposantes et les plus insidieuses! Oui, insidieuses, car elles sont dans notre inconscient depuis déjà très très longtemps, puisque de nombreux artistes s’en sont inspiré. Par exemple, on en retrouve la trace sur la pochette de l’album House of the Holy de Led Zepplin, ainsi que dans In the Name of Grandfather , un épisode des Simpsons. Et, bien sûr, c’est sans parler de tous les immeubles dont l’architecture relève directement des colonnes de basalte!AE86E5517751E52D5DB3CF1D15235

Un troll sous le pont

Il était une fois un troll qui habitait sous un pont.

Un troll redoutable, effroyable et sans pitié.

Un troll au regard métallique et impitoyable.

Sans vergogne aucune, il terrorisait trois jeunes boucs en menaçant de les dévorer!

Ce troll, fruit d’une légende norvégienne, vit désormais sous le pont d’Aurora dans le district de Fremont, à Seattle.

Né en 1990 des mains expertes de quatre jeunes artistes du coin, le troll de Fremont ne mange plus aucun petit bouc esseulé. Non. Maintenant, il broie de sa puissante main gauche une Beetle de Volkswagen.

Malgré ses airs bourrus, il semble être un dur au cœur tendre, car tous les ans, il reçoit un bon millier de visiteurs. D’ailleurs, les badauds sont invités à le toucher, à l’escalader, à lui poser des questions et, pourquoi pas, à lui faire des offrandes!espRenderImage-2

Ce troll en est un de réconciliation et de réhabilitation. Avant son arrivée, les aires sous le pont étaient le repère délabré des petites racailles. Mais aujourd’hui, grâce à sa bienveillance, l’endroit est redevenu propre et sécuritaire.

Un peu pour remercier le troll de son indéfectible présence et beaucoup pour le simple plaisir de faire la fête, les habitants de Fremont organisent tous les ans le Trolloween Party! Comme son nom le laisse entendre, la célébration se déroule le 31 octobre au soir. Du crépuscule au lever du soleil, c’est la fête! Les gens festoient en suivant le cortège d’une parade rigolote et légèrement lugubre. Bien sûr, des feux d’artifice, un troll-a-go-go et une pièce de théâtre relatant la petite histoire de ce monstre mythique viennent aussi pimenter la soirée!

Mais plus que l’événement en tant que tel, ce sont les milliers de participants qui contribuent à en faire une soirée d’exception, et quoi qu’il en soit, fête pas fête, le troll de Fremont vaut la peine d’être vu!

Einstein a dit que l’imagination était plus importante que le savoir et Jules Verne, lui, a créé un monde imaginaire qui fait  rêver encore aujourd’hui. C’est sans doute en s’inspirant de ces deux illustres personnages, qui connaissaient la valeur desespRenderImage voyages au pays des chimères, que François Delarozière et Pierre Orefice ont donné vie, en 2007, aux Machines de l’île.

Sur la pointe ouest de l’île de Nantes, au milieu d’un ancien chantier naval, à travers les nefs, d’énormes créatures bestiaires se baladent, indolentes. À 4 km/heure, les machines circulent de part et d’autre d’une rue intérieure. Pendant 45 minutes, grâce aux machinistes, les visiteurs deviennent passagers et prennent les commandes de ces animaux fantastiques.

Le Grand éléphant reste sans doute la plus légendaire de toutes ces bêtes surréalistes. Haut de 12 mètres et large de 8 mètres, il pèse pas moins de 50 tonnes et peut accueillir 49 passagers à son bord. Sa carcasse hydraulique, faite de bois et d’acier, se déplace au prix de 4 tonnes d’huile et d’un moteur de 450 chevaux.

Que ce soit ledit Grand éléphant, le Luminaire des grands fonds, la Larve de crabe, le Calamar à rétropropulsion, la Raie manta, le Crabe géant, le Bus abyssal, le Bateau tempête ou le Serpent des mers, ils ont tous vu le jour dans une ancienne chaudronnerie convertie en atelier. Il est possible de visiter le chantier à partir de deux terrasses situées à 7,5 mètres de hauteur.

Outre les animaux biscornus, la branche de l’Arbre aux hérons (prototype d’un projet gigantesque) est à voir absolument. Avec sa structure en acier de 14 tonnes, elle surplombe de 20 mètres la terrasse du bar et s’étend sur un autre 20 mètres. Cette branche donne sans conteste un air de Voyages extraordinaires* à l’endroit.

Sur l’île aux machines, les enfants verront leurs fantasmes s’animer. Les adultes, eux, retrouveront la faculté de rêver et de voyager… entre les deux oreilles.

* Les Voyages extraordinaires, œuvre de Jules Verne qui regroupe l’essentiel de sa production romanesque.

L’uro-tourisme

Dans un monde où l’on scande «production» et «performance» pour rythmer les courbes de la croissance économique, faire la fête devient un exutoire primordial. Mais le bon goût exigeant un prétexte ou une occasion spéciale pour célébrer, il faut dans certains cas créer son événement.

C’est sans doute ce que se sont dit les habitants de la communauté de Raschala, près de Hollabrunn, en Autriche.

Tous les ans, les sympathiques citoyens de cette petite ville organisent un festival de musique pour célébrer le Pinkelstein.

Mais qu’est-ce que le Pinkelstein? Rien d’autre qu’une roche de grand chemin sur laquelle Wolfgang Amadeus Mozart aurait soulagé sa vessie.

La légende veut que le célèbre maître soit passé par Raschala, en 1787, alors qu’il devait se rendre à Prague. Seulement voilà, en chemin, une envie d’uriner se serait imposée. Mozart aurait alors demandé au cocher d’arrêter la diligence en bordure de la route, et là, impunément, il aurait baptisé ladite pierre.

Pour les habitants de Raschala, il n’en fallait pas plus pour souligner la chose en installant une plaque commémorative et en créant un festival de musique. À défaut d’être une fête historique, l’initiative aura au moins le mérite d’accroître l’affluence touristique de l’endroit.

Bon an, mal an, la roche sacrée est victime de visiteurs peu scrupuleux qui osent lui uriner dessus! À leur intention, on a installé une affiche portant l’inscription suivante : «The Mozart Pinkelstein : please do not pee on the pee-stone» (Le Pinkelstein de Mozart : veuillez ne pas faire pipi sur la pierre arrosée).

Malheureusement, et il fallait s’y attendre, toute cette histoire ne serait qu’une vague divagation de taverne. Eh oui! En 1975, lors d’une beuverie entre amis, un certain M. Leirer aurait inventé l’anecdote. Il aurait ainsi voulu rabattre le caquet à ceux qui se lamentaient de l’absence de monuments historiques dans la petite ville. Quoi qu’il en soit, le Pinkelstein naissait l’année suivante!

Et comme le disait Victor Hugo : «La vérité légendaire est d’une autre nature que la vérité historique. La vérité légendaire, c’est l’invention ayant pour résultat la réalité.»

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